JOURNAL PERSONNEL CAMPAGNE DE CHINE. Manuscrit…

Lot 268
4 000 - 6 000 €
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Résultat: 12 500 €

JOURNAL PERSONNEL CAMPAGNE DE CHINE. Manuscrit…

JOURNAL PERSONNEL CAMPAGNE DE CHINE. Manuscrit autographe, en 3 cahiers in-4, en toile, 352 pp. (décembre 1900 - avril 1901), 282 pp. (avril-septembre 1901), 260 pp. (septembre 1901 - janvier 1902). Quelques défauts aux reliures.
Exceptionnel journal personnel de Marchand écrit au jour le jour, durant la guerre des Boxers, qui dévoile l'envers du décor, livrant ses propres réflexions.
Tout le manuscrit est dans la tonalité du récit cette journée, prise tout à fait au hasard: «[Tientsin], 29 juillet [1901]. Très mal fichu encore aujourd'hui. J'avale du calomel, du thé de boeuf et autres bonnes choses du même bateau. Rien mangé depuis 2 jours pleins, et d'ailleurs pas envie de rien manger. Il a plu ce matin, une forte averse de 7 à 8. Le reste de la journée assez chaude et humide. C'est la mauvaise température. À 4h départ de l'État major de la musique, et d'un bataillon avec le drapeau du Rgt de ligne de marche conduit par le colonel Parès. Le colonel Souliard et le général Guillet sont partis depuis 3 jours par le courrier. Le bataillon va embarquer cette nuit sur la ville de Majunya [?] qui lève l'ancre demain matin. Le colonel Régis a l'intention de donner une grande soirée concert avec Mad. von Hancken pour utiliser son petit talent de ténor amateur. Il est allé parler de cela au général Meillon d'abord, il est allé le proposer au général Voyron en lui disant qu'une part serait prélevée sur la recette pour les pauvres, une part pour Mme von Hancken, et une pour offrir un bracelet à Mad. Régis. Le général Voyron a refusé sous prétexte que Mad. von Hancken n'était pas française. Le colonel a l'intention de donner le concert tout seul. Je vais, vers les 10h du soir, avec Dyé, respirer un peu d'air sur Victoria Road. Buvons un verre de limonade à Astor House où une immense tablée d'Allemands pochards, en cuite, donne de la voix en musique. Dyé me parle de la prochaine conquête du Maroc dont il est partisan. Tant pis pour l'Espagne. La discussion engagée malgré moi sur ce terrain prend fin par cette phrase que Dyé m'envoie en pleine poitrine: «Après tout, je ne vois pas pourquoi l'Angleterre avait moins de droits que nous en Egypte!» [allusion à Fachoda]. Je lui réponds: «Je ne vous pardonnerai jamais ces dix mots là. Ils sont, dans la bouche d'un membre de la mission Congo-Nil qui est ma vie, vous le savez, d'un inconscient ou d'un insolent. C'est la dernière conversation que nous venons d'avoir ensemble. [...]».
Passionnant et très précieux manuscrit de près de 900 pages.
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