Mikhaïl F. LARIONOV (1881-1964)

Lot 312
150 000 - 300 000 €
Résultat: 720 000 €

Mikhaïl F. LARIONOV (1881-1964)

Rue à Moscou, circa 1907-1909 Huile sur toile
H. 61,7 cm -
L.78 cm PhG
Léger manque Annotations au dos:
- Sur un revers de la toile, inscription «Larionow»
- Sur le châssis, inscription à l'encre noire «Larionov - rue à Moscou» et «n°19», une date «1900», une annotation «14/6.62» et à l'encre verte «14n» - Sur la barre du châssis, une étiquette collée avec une référence à l'encre bleue «AP 8»

Provenance:
- Collection Alexandra Tomilina-Larionov, Paris - Collection particulière, Lyon: acquis en 1967 directement auprès de la veuve de l'artiste par l'actuel propriétaire à l'issue de l'exposition Larionov au Musée des Beaux-Arts de Lyon Expositions: - Moscou, Cercle d'Art et de Littérature, «M. Larionov, exposition d'un jour» organisée par la Société d'Esthétique Libre, le 8 décembre 1911, probablement le n°52 «Rue», 1907 - Paris, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Gontcharova, Larionov, 27 septembre-novembre 1963, n° hors catalogue - Lyon, Musée des Beaux-Arts, Michel Larionov, 17 mars-15 mai 1967, n° 4

Bibliographie:
- Elie Eganbury (Iliazd) Liste des oeuvres de Michel Fiodorovitch Larionov, 1898-1913, Éditions Munster Moscou 1913, probablement «1906: Rue» p.82 (réédition Hiver Ed. 1995) - Waldemar George, Larionov, éditions «La Bibliothèque des Arts», Lausanne, 1966-1996, cité page 50 - Catalogue d'exposition Michel Larionov, Lyon, Musée des Beaux-Arts, 1967 n° 4 reproduit: figure 2 Bibliographie: - J.P. Rioux, G. Aitken, A.R. Duval - Étude en laboratoire de peintures de Gontcharova et Larionov - Éditions du Centre Georges Pompidou, Paris 1995


"Street in Moscow", 1907-1909 Oil on canvas H. 61.7 cm - L. 78 cm PhG On its original canvas A visible lack up to the center Notes on the back: - On the reverse of the canvas, inscription "Larionow" - On the frame, in black ink "Larionov - Rue à Moscou (Street in Moscow)" and "n°9", a date "1900", a note "14/6.62" and in green ink "14n" - On the bar of the frame a stuck label with a reference in blue ink "AP8" Origin: Collection Alexandra Tomilina-Larionov, Paris Acquired in 1967 directly from the widow of the artist by the current owner after the exhibition Larionov at the Museum of Fine Arts of Lyon. Exhibition: Moscow, Circle of Art and Literature, "M. Larionov, exhibition day" organized by the Society of Free Aesthetics, December 8, 1911, probably the number 52 "Street" in 1907. Paris, Museum of Modern Art of the City of Paris, Goncharova, Larionov September 27 November 1963 No. uncatalogued Lyon, Museum of Fine Arts, Michel Larionov, March 17 to May 15, 1967 No. 4 Bibliography: - Elie Eganbury (Iliazd) List of works made by Michel Fiodorovitch Larionov, 1898-1913, Editions Munster Moscou 1913, probably «1906: Street» p.82 (reedition Winter Ed. 1995) - Waldemar George, Larionov, Editions «La Bibliothèque des Arts», Lausanne, 1966 - 1996, quoted page 50 - Exhibition catalog Michel Larionov, Lyon, Musée des Beaux-arts, 1967 n° 4 reproduced: figure 2 uvre de Michel Larionov «Rue à Moscou», que nous présentons, est inédite depuis 1967. Elle appartient au cycle exceptionnel des oeuvres d'avant 1915, qui ont fait de Larionov un des plus importants artistes de l'avant-garde russe du début du XXe siècle Pionnier de l'abstraction avec Kandinsky, Larionov élabora en quelques années l'essentiel de son oeuvre durant sa période russe, moscovite plus précisément, avant de partir définitivement pour la France en 1915 Larionov et sa compagne de toujours, Natalia Gontcharova, jeunes artistes de talent, abordent leur carrière artistique au tournant du XXe siècle par une période que l'on peut qualifier d'impressionniste. En 1906, il est invité à Paris par Serge Diaghilev et c'est pour lui l'occasion de découvrir la toute jeune peinture fauve, ainsi que l'oeuvre de Paul Gauguin, au Salon d'Automne à Paris, qui présentait alors une grande rétrospective de cet artiste. Après plusieurs semaines passées à Paris, puis à Londres, il abandonnera définitivement l'impressionnisme, dont il avait déjà commencé à s'éloigner en Russie. Cette «Rue à Moscou» s'inscrit donc dans cette période charnière de 1907-1910, marquée par l'influence de Gauguin et des Fauves. Ce paysage urbain, dépourvu de signification symbolique directe, à la composition simplifiée, au graphisme appuyé, est une explosion de couleurs, massive et violente, «de la peinture pure» dans la droite ligne contemporaine du Fauvisme et de l'Expressionnisme. La technique picturale de «Rue à Moscou», oeuvre peinte par larges touches, aux lignes principales appuyées de noir avec des parties non peintes d'où ressort la préparation blanche, laissée intentionnellement en réserve, nous permet de situer l'oeuvre aux alentours de 1907-1909 Michel Larionov participa à de nombreuses manifestations artistiques et expositions en Russie avant 1915. Notre tableau a très probablement été exposé en décembre 1911 lors de «L'exposition d'un jour» des oeuvres de Larionov par la Société d'Esthétique Libre à Moscou, sous le titre de «Rue» n° 52. Cette exposition fut la première rétrospective de l'oeuvre de Larionov Larionov, blessé à la guerre en 1915, part pour la France, sans se douter que ce départ sera définitif. L'essentiel de son atelier, resté en Russie, connaîtra toutes les vicissitudes de l'histoire de l'époque. «De longues années durant, l'ensemble des tableaux restés à Moscou, fut hors d'atteinte. Des amis, des élèves tentèrent de s'en occuper dans la mesure du possible. En 1918, une partie de l'atelier fut déménagée, on s'occupa en priorité des peintures. C'est au peintre Lev Fédorovitch Jéguine, que revint le mérite d'avoir conservé la majeure partie de l'oeuvre. Ce n'est qu'à partir de 1927 que Larionov put rentrer en possession de la plus grande part de cet ensemble, elle lui fut expédiée en plusieurs envois qui s'échelonnèrent sur trois ans.» Il fallu donc attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour que les oeuvres russes de Michel Larionov, datant d'avant 1915 soit enfin redécouvertes. Diverses expositions, à Londres, à Bâle, puis à Paris en 1963 (à la veille de la mort de l'artiste) au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, démontrent leur importance. Alexandra Tomilina-Larionov, sa seconde épouse et son modèle dans les années vingt, tentera avec ferveur d'assurer la promotion de l'oeuvre de Larionov et c'est à Lyon, en 1967, au Musée des Beaux-Arts, que fut organisée la première rétrospective de son oeuvre, après le décès de l'artiste en 1964. Acquis à l'occasion de l'exposition rétrospective de 1967 et conservé depuis dans une collection privée lyonnaise, cet important tableau de Larionov nous est parvenu dans son état d'origine; c'est une véritable redécouverte pour l'histoire de l'oeuvre de l'artiste et un jalon de l'avant-garde internationale du début du XXe siècle Rapport scientifique: matériaux et techniques de l'oeuvre de Michel Larionov L'étude scientifique de l'oeuvre peint de Michel Larionov, entreprise à l'occasion de la grande rétrospective Larionov-Gontcharova au Musée National d'Art Moderne à Paris en 1995, nous donne de bons éléments de réponse sur la technique picturale et la datation de l'oeuvre que nous présentons, tant au point de vue des matériaux que de la technique. Il ressort de cette étude scientifique, portant sur plusieurs dizaines de tableaux, que l'on peut distinguer deux périodes dans les caractéristiques techniques de l'oeuvre de l'artiste. L'oeuvre d'avant 1915, exécuté en Russie et l'après 1915, exécuté évidemment en France. Retenons la première période qui nous concerne pour l'étude du tableau que nous présentons. Avant 1915, Larionov utilisait des toiles de lin, de tissage courant (15 à 17 fils par centimètre en trame et chaine), parfois il utilisait aussi des toiles plus grossières (11 fils par centimètre en chaine et trame) toiles probablement récupérées. Larionov préparait lui même ses toiles de lin avec une couche de blanc de zinc, souvent très mince, mais parfois plus épaisse, avec de l'huile diluée. Rappelons qu'après 1914 (en France), les toiles sont acquises préparées. Ainsi notre oeuvre est peinte sur une toile du deuxième type susmentionné, sans préparation sur les tranches du tableau, ce qui indique clairement que l'artiste a préparé lui-même sa toile. La composition des peintures est classique pour l'époque, utilisation de blanc de zinc pour préparer la toile et/ou l'utiliser comme matière picturale. Les oeuvres étudiées entre 1905 et 1915 n'utilisent pas de pigments nouveaux pour l'époque et correspondent à celles de la plupart des artistes de la fin du 19e et du début du 20e siècle. L'étude scientifique (examen visuel, lumière rasante, radiographie etc.) permet de dégager un essai de classification des caractéristiques de l'écriture picturale de Larionov, avec des étapes intermédiaires. Les oeuvres de Larionov de 1904 à 1906, sont peintes en couches épaisses et juxtaposées selon une technique qui se rapproche de celle de l'impressionnisme. Les oeuvres de 1910-1912, montrent une diversification de l'écriture, peintes en couches minces avec une matière plus fluide À un stade intermédiaire de ces périodes, les oeuvres sont peintes par touches larges et appuyées, reprises plus finement avec une matière mince au stade final. Des parties non peintes sont laissées intentionnellement en réserve. Larionov utilise assez souvent ce procédé et la préparation non couverte tient lieu de couleur blanche, parfois cernée par les autres couleurs. Michel Larionov évolue ainsi dans ses procédés d'exécution et d'écriture picturale au cours des années d'avant 1914, mais on constate, à l'examen, une constance d'utilisation des matériaux picturaux, au service d'une réelle liberté d'expression Condition actuelle de «Rue à Moscou» par Michel Larionov L'oeuvre que nous présentons est dans une excellente condition d'origine, remarquable pour un tableau ayant subi les aléas de l'histoire agitée du XXe siècle. Sa toile d'origine (non rentoilée) est montée sur un châssis moderne (années 1950-1960) de la même fabrication spécifique que les châssis de la plupart des oeuvres anciennes de la succession Tomilina-Larionov des collections du Musée National d'Art Moderne Au dos, un revers de toile vierge (de 20 centimètres environ) nous permet de constater que l'artiste avait recadré sa composition lors de son travail, sans doute pour la resserrer ou la densifier. (très léger manque de toile au coin inférieur droit, 1cm2 environ). La surface picturale n'a jamais été vernie, elle montre sa matière brute d'origine, elle n'a subi qu'un léger encrassement et empoussièrement sans aucune conséquence. (le tableau semble n'avoir jamais été réellement exposé). Quelques manques de matière par décollement sont à signaler, quelques écaillures au bord de l'angle supérieur gauche (sur quelques millimètres de large) et un manque d'environ 1,5 cm2 dans l'arbre central, dû à un décollement de matière. Puis quelques repeints ou repiquages tardifs (1,5 cm2 au total) pour pallier quelques petites écaillures de matières dans les parties rouges du tableau. The work of Michel Larionov "Street in Moscow," that we present is currently unprecedented since 1967. It is part of the cycle of exceptional works before 1915, which made Larionov, an avantgarde leader of the early 20th century. Indeed, Larionov, a pioneer of abstraction with Kandinsky, drew within a few years most of his work during his Russian and Muscovite period and more specifically before leaving permanently to France in 1915, where he continued over there a work a bit more conventional. The young talented artists, that is to say Larionov and his constant companion -Natalia Goncharova, approached their artistic career at the turn of the 20th century, with a period that could be described as impressionistic. Then, in 1906, Larionov was invited to Paris by Serge Diaghilev (the famous master of Russian Ballets). This was an opportunity for him to discover the young Fauve paintings and the work of Paul Gauguin at the Salon of Autumn in Paris, which at the same time hosted a major retrospective of this artist. A several weeks in Paris and then in London trip, marked the final leave of Impressionism, a distance that already began in Russia. This "Street in Moscow" was painted during this pivotal period of 1907-1910, recognizable by its influence of Gauguin and the Fauves. This urban landscape, devoided of direct symbolic meaning, the simplified composition with supported graphics, is an explosion of colors, massive and violent "pure painting" following the contemporary Fauvism and Expressionism. "Street in Moscow", a picture painted in broad strokes, with main lines stressed with black with unpainted parts where the white preparation intentionally left in reserve springs, allows us to situate the work from 1907-1909. Michel Larionov participated in numerous artistic manifestations and exhibitions in Russia before 1915. Our painting was probably exposed in December, 1911 during "Exhibition of a Day" of the works of Larionov by the Society of Free Aesthetic in Moscow in December 1911 under the title "Street" No. 52. This exhibition was the first retrospective of "All that Larionov painted in thirteen years." (1) Larionov, wounded during the war in 1915, moved to France, unaware that his departure would be final. Most of his atelier that remained in Russia, would know all the vicissitudes of the history of time. "For many years, all the paintings remained in Moscow and were unreachable. Friends and students tried to deal with it as far as possible. In 1918, a part of the workshop has been moved, they delt with the paintings first. The painter Lev Fedorovich Jéguine kept most of the work. It was only after 1927 that Larionov could take back the biggest part of this set, it was sent to him in several shipments which were spread over three years."(2) Thus it was necessary to wait for the end of the Second World War to rediscovered Michel Larionov's Russian works dating of before 1915. Various exhibitions, in London, in Basel, then in Paris in 1963 (just before the death of the artist) at the Modern Art Museum of the City of Paris, demonstrate the importance of his work. The second wife of the artist, Alexandra Tomilina-Larionov (a model of the twenties) tried fervently to promote the work of her husband and in Lyon in 1967, the Museum of Fine art, organized the first retrospective of his work after the artist's death in 1964. Acquired during the 1967 retrospective exhibition in Lyon and preserved in a private collection, this important painting of Larionov, came to us in its original condition; it is a real rediscovery in the history of the work of Larionov and a milestone of the international avant-garde of the early 20th century. Notes: 1: F Moukhortov, the voice of Moscow, No. 283, 1911 p.5 2: catalog: "The path to abstraction", exhibition Kunsthalle Frankfurt, Geneva, Musée Rath, 1987-1988, p. 77 Selected bibliography: - Waldemar George, Larionov, Editions La Bibliothèque des Arts, Lausanne 1666 - 1996 - Anthony Parton, Mikhail Larionov and the Russian Avant-Garde editions Thames and Hudson, 1993 - Georges Pompidou, Natalia Goncharova, Mikhail Larionov, exhibition catalog of the National Museum of Modern Art Centre, Paris 1995 - Yevgeny Kovtun, Mikhail Larionov, editions Parkstone, Bournemouth 1998Scientific report: materials and techniques of Michel Larionov's work The scientific study of Michel Larionov's artwork painted on the occasion of a major retrospective at the National Larionov, Goncharova Museum of Modern Art in Paris in 1995, gives us good elements about both the painting technique and the date of the work presented, from both the standpoint of the materials and the technique. Thanks to this scientific study, on several dozen of artworks, we can distinguish two periods in the specifications of the work of the artist. The work before 1915 executed in Russia and after 1915, obviously carried out in France. Let us focus on the first period, the one that concerns us for the study of the oil on canvas we present. Before 1915, Larionov used linen cloth, with a usual weaving (15-17 per centimeter son in weft and warp) sometimes he also used coarser fabrics (11 per centimeter son in warp and weft), canvas probably recovered. Larionov was preparing his linen cloth himself with a very thin layer of zinc white, often very thin, but sometimes thicker, with diluted oil. Let us recall that after 1914 (in France), the canvas are acquired prepared. Therefore, our work is painted on a canvas of the second type mentioned above, without preparation on the edges of the painting, which clearly indicates that the artist has developed his own canvas. The composition of the paintings is typical for the time, use of zinc white to prepare the canvas and/or use as pictorial material. The works studied between 1905 and 1915 do not use new pigments for the time and correspond to the ones used by most artists of the late 19th and early 20th century. The scientific study (visual examination, raking light, X-rays etc..) can generate a classification test of the pictorial writing of Larionov, with intermediate steps. The works of Larionov from 1904 to 1906 are painted in thick layers and juxtaposed in a technique that is similar to those of Impressionism. The works of 1910-1912, show a diversification of the writing, painted in thin layers with a fluid material. At an intermediate stage of these periods, the works are painted in broad and stressed strokes, reused finer with a thin material at the final stage. Unpainted parts are intentionally left apart. Larionov often uses this method and uncovered preparation in lieu of white, sometimes surrounded by other colors. Thus, Michel Larionov evolves in his execution processes and pictorial writings before 1914; also we can observe a consistency in the use of pictorial materials, serving a real freedom expression. Current condition of "Street in Moscow" by Michel Larionov The work we present is in excellent original condition, remarkable for a painting that has passed through the vagaries of the turbulent history of the 20th century. Its original canvas (not remounted) is mounted on a modern frame (1950-1960) of the specific manufacturing of most ancient works following Tomilina-Larionov collections of the National Museum of Modern Art. On the back, a reverse of blank canvas (about 20 centimeters), allow us to see that the artist had cropped composition in his work, presumably to tighten or densify it. (Very slight lack of canvas in the lower right hand corner, about 1cm2). The pictorial surface has never been varnished, it shows its original raw material, and it only underwent slight dirt and dust without any consequences. (Picture seems to have never really been exposed). A few missing material by detachment can be reported, some chipping along the upper left hand corner (a few millimeters wide) and a lack of about 1.5 cm2 in the central shaft, due to the detachment of material. Then a few repainted or late passages (1.5 cm2 in total) to compensate for some small chipping materials in the red parts of the picture. Bibliography: - J. P. Rioux, G. Aitken, A. R. Duval - Laboratory of studies Goncharova and Larionov paintings, Éditions du Centre Georges Pompidou, Paris 1995
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